Archive pour février 2010

S’envoyer en l’air

Voler au-dessus de Montréal dans un petit avion m’a fait un grand bien aujourd’hui. Cela m’a permit de voir, et non seulement de voir, mais aussi de ressentir la beauté de l’hiver. Depuis le début de cette année, j’ai été engourdi par la froideur de cet hiver morne et peu lumineux. Ou du moins, j’ai été engourdi, ce qui fait que l’hiver semble morne et peu lumineux.

Mauvais compagnons de toujours, le doute et la confusion m’ont envahit. Mon travail universitaire n’avance pas comme je le voudrais, ma relation de couple en arrachait. Dans une période de grands changements ou d’apprentissage, semblerait-il que c’est normal d’être confus. J’aurais peut-être du lire cette explication sur la “confusion créatrice” plus tôt:

 » C’est une étape normale d’une recherche qui n’a pas encore trouvé son aboutissement. On trouve ce type de confusion dans l’apprentissage, l’acquisition de connaissances, la démarche d’évolution personnelle, enfin, dans tout processus de changement. On pourrait comparer cette confusion à celle qu’on aurait devant un casse-tête de quelques centaines de pièces dont on ne connaîtrait pas l’image. Au début, c’est le mystère. Mais l’obscurité fait place graduellement à la lumière, à mesure que certaines parties prennent forme. » (source)

L’incertitude a pris beaucoup de place dans ma vie, ma relation ‘amoureuse’ s’est abruptement et tristement terminée. Bien sûr, il n’y a jamais de bon moment pour un tel événement, mais on dirait que l’hiver amplifie la tristesse et le sentiment de solitude. Je ne tiens pas nécessairement à me camper en victime sur mon blog. Il s’agit d’une situation assez commune et même banale, mais qui comporte une inévitable et réelle souffrance. Cette situation, on la revit constamment, et plusieurs humains la vive au moment ou j’écris ce billet. C’est pour cette raison que je me suis permis de l’écrire, non pas pour faire pitié, non pas en révolte, non pas pour dénoncer. Mais seulement par empathie égoïste pour moi-même et pour tout ceux aussi qui sont tristes, parce que leur coeur est brisé, et pour qui l’hiver est une mauvaise passe qui heureusement laissera place au printemps.

Pendant ce court moment de vol au-dessus de la ville, je me suis senti léger. La couche hivernale qui recouvre le sol dévoilait des motifs esthétiques: on y voyait le fleuve gelé en fragments, mais quand même en mouvement. Les enfants qui glissaient dans un parc étaient de la taille de puces. Je pouvais voir l’entièreté de la ville dans le fond de mon oeil. Ce rapport d’échelle différent, ce point de vue d’ensemble et cette clarté lumineuse réfléchie sur la blancheur de l’hiver me faisaient reconsidérer mes ennuis comme de microscopiques faits anodins.

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